Changer la couleur de ses yeux à vie, c’est possible

Changer la couleur de ses yeux à vie, c'est possible, lecoloriste

A Lausanne, on peut se faire tatouer la cornée pour passer à des yeux couleur menthe à l’eau

La star du Net en la matière est l’implant intra-oculaire Brightcolor. Il s’agit d’un iris artificiel que l’on implante dans l’œil. Une sorte de lentille permanente en somme. L’alternative, qui fait bien plus peur – et pas seulement à cause de son nom barbare –, est la «kératopigmentation esthétique annulaire», qui consiste à tailler un tunnel dans la cornée grâce à un laser et à y injecter des pigments de couleur.Changer la couleur de ses yeux à vie, c'est possible

Dans les deux cas, le résultat est bluffant, mais le spécialiste en ophtalmologie qu’est le Dr Auguste Chiou (qui consulte dans toute la Suisse romande) est formel: les implants Brightcolor sont dangereux pour la santé. «Cette membrane colorée couvre l’iris et possède un trou au niveau de la pupille, explique-t-il. C’est magnifique mais très dangereux. Il s’agit de la mise en place d’un corps étranger qui peut endommager la cornée, entraîner une cataracte ou un glaucome et qui peut parfois carrément faire perdre la vue. Selon moi, les gens qui les posent ne sont pas des médecins: ils n’ont aucune déontologie!»


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Toujours trois couleurs

Le Dr Chiou recommande la kératopigmentation esthétique annulaire, qu’il a découverte grâce à Hanya Ouaoua (lire ci-contre). «C’est une femme très déterminée qui est venue me voir après son opération à Strasbourg, et je dois dire que développer le processus m’a vraiment passionné.»

Il examine à de nombreuses reprises ces nouveaux yeux émeraude et, convaincu, il commence à s’entraîner pour peaufiner la technique et développer des instruments chirurgicaux adaptés. Pendant une année, il colorera des iris de porc avant de s’estimer prêt. «Les résultats sont vraiment probants et les patients que j’ai opérés sont ravis, s’enthousiasme le spécialiste. Mais, attention, le rendu ne sera jamais totalement naturel.

Changer la couleur de ses yeux à vie, c'est possible

L’œil opéré continuera à afficher trois couleurs: le noir de la pupille, l’anneau coloré et, dépassant au milieu et à l’extérieur, l’iris d’origine. Pour des raisons anatomiques, on ne peut s’approcher plus de la pupille sans risquer de nuire à la vision et, à l’extérieur, il y a des canaux qui drainent le liquide de l’œil auquel nous ne devons absolument pas toucher. Je conseille donc cette opération à des personnes vraiment sûres d’elles, voire extraverties: le changement est énorme, même avec un choix de pigments bleus ou verts plutôt sombres. Leurs nouveaux yeux vont vraiment attirer les regards!»

Pour se lancer, en plus d’un compte en banque fourni (les machines, la salle d’opération, le personnel et les pigments font grimper la facture à plusieurs milliers de francs), il faut avoir des cornées parfaitement saines, des yeux bien hydratés pour assurer une cicatrisation optimale et ne pas souffrir de diabète, d’une maladie rhumatismale ou immunologique. (TDG)


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«J’ai testé l’opération en première mondiale avant de la proposer»

HAnya Ouaoua (40 ans) est une battante. Énergique, l’entrepreneuse est à la tête de son propre centre médico-esthétique à Lausanne depuis 2009, où elle propose des soins dernier cri Hyperactive. Elle a lancé sa propre ligne de soins et annonce un parfum pour ce printemps.

Maman poule d’une fille de 10 ans, elle soutient aussi avec la Fondation Etoile Filante en offrant gratuitement une «journée de princesse» (cheveux, ongles, maquillage et massage) à des enfants et adolescents vivant avec une maladie grave ou un handicap. Il y a de cela quelques années, elle se demandait ce qu’elle pourrait offrir de plus à ses clients que les habituelles épilations définitives, soins anti-âge ou remodèlement. Elle tombe sur cette technique de «kératopigmentation annulaire esthétique» et fait des recherches approfondies sur la possibilité de changer de manière définitive la couleur de ses yeux. «Je suis quelqu’un d’assez exubérant, et l’idée d’ajouter de la lumière à mon regard m’enthousiasmait, mais mon but final était surtout de proposer une nouveauté à mes clients.»
Elle rencontre le Dr Francis Ferrari, chirurgien ophtalmologue à Strasbourg, et accepte d’être son cobaye. «L’alternative à sa technique est la pose de lentilles permanentes. Ça a l’air moins flippant en soi, mais c’est dangereux pour la vue, pour la santé de l’œil. Le 25 juin 2014, j’ai donc testé l’opération en première mondiale avant de la proposer moi-même. J’ai été totalement bluffée du résultat et, presque trois ans plus tard, rien n’a bougé.» La jolie blonde affiche désormais un regard lumineux émeraude: «J’aime les choses originales, ne pas être comme tout le monde. J’avais envie d’avoir une couleur que personne d’autre n’avait. J’ai toujours été un peu fofolle!»

Fofolle, mais avec toujours sa tête de businesswoman bien vissée sur ses épaules, puisqu’elle prend contact avec Biotic Phocea à Marseille, le seul laboratoire mondial à formuler et à fabriquer les pigments nécessaires à la kératopigmentation esthétique annulaire. Elle en décroche l’exclusivité pour les marchés suisse et… chinois.

«Cela fait maintenant quelque temps que je propose cette intervention avec la collaboration experte du Dr Chiou, explique-t-elle avec cet enthousiasme contagieux qui la caractérise. Les patients viennent au centre, nous parlons, nous procédons ensuite à des simulations précises avec un graphiste avant l’examen médical puis l’opération en elle-même. Le tout coûte plusieurs milliers de francs, et changer son regard à vie n’est pas une décision que l’on prend à la légère. On peut compter le nombre de patients sur les doigts de la main, et quelque part c’est tant mieux. Il m’est arrivé de déconseiller l’intervention à certaines personnes qui, selon moi, avaient déjà de beaux yeux.»

Le voyage en Chine est déjà prévu. Tant mieux puisque Hanya Ouaoua n’est pas très douée pour rester en place!

Source : Tribune de Genève